Appelé de dernière minute par Amato Ferrari en vue des deux premières courses de l'Asian Le Mans Series à Sepang le week-end dernier, Stéphane Lemeret a répondu - au-delà des espérances - à la confiance placée en lui par Ultimate. Deux poles, deux victoires, un conte de fées avant l’heure. Le pilote-journaliste revient sur son week-end de rêve, en mettant l'accent sur le challenge que représentait ces deux épreuves sur un tel circuit et avec une telle auto... "C’est en effet un enfer ,cette Ligier à Sepang, s'exclame Lémeret. Nous sommes la seule catégorie sans climatisation, et il est impossible de tenir 105 minutes à fond. Même les jeunes surentraînés étaient détruits après une heure, donc, pour un débutant de 51 ans, ce n’est même pas imaginable sans les différentes neutralisations. Mais je suis extrêmement satisfait. J’ai fait exactement ce que j’avais prévu : partir relax, gérer les pneus et mon physique, mais maintenir sous pression le leader. Tout a été parfaitement, je savais que Bence Valint, mon équipier hongrois, serait plus vite que son concurrent direct en Course 1..."
Autre motif de satisfaction pour Stéphane : les deux poles décrochées lors des qualifications. "Cela me fait évidemment encore plus plaisir que mon relais, car pour un débutant en proto, signer les deux poles n’est pas rien. Je découvrais la voiture cette semaine et j’ai assez vite compris le mode d’emploi, même si je suis encore loin de mon niveau en GT. Il faut rouler de manière moins agressive et c’est d’autant plus compliqué que je suis trop grand pour la Ligier, je roule avec les genoux pliés et du coup ce n’est pas évident d’être doux avec les freins. J’ai aussi dû réapprendre à freiner sans ABS, et bien sûr à passer plus vite que d’habitude dans les courbes rapides. Franchement, je ne savais pas du tout où je me situerais et je suis assez fier de ces performances, c’est une excellente demi-surprise !"
Quant aux courses de l'Asian Le Mans Series, elle font la part belle à la stratégie, comme le confirme le pilote franco-belge... "Il ne sert à rien de partir à fond. D’une part parce que c’est prendre des risques pas vraiment utiles, vu qu’il y a toujours bien une Safety-Car pour resserrer les positions, d’autre part car les pneus du départ, en LMP3 du moins, doivent pouvoir tenir deux heures. Je les ai donc préservés au début de la Course 2, et lorsque le premier leader a commencé à souffrir de la dégradation, je l’ai mis sous pression et il est parti légèrement à la faute. Ensuite, j’ai creusé l’écart assez facilement, en continuant à gérer les pneus. Un proto ne se pilote vraiment pas comme une GT, j’ai donc encore beaucoup à apprendre. Mais c’est ça qui était génial ce week-end, car j’ai vraiment dû réapprendre plein de choses, comme le débutant que j’étais. Cela m’a rajeuni et rappelé le temps de mes débuts en Tourisme, puis de mes débuts en GT."
Cette présence de dernière minute à Sepang avait tout d'un cadeau de Noël avant l’heure pour Stéphane Lémeret. "Quand Amato est arrivé à Sepang, je lui ai dit que je le haïssais parce que le défi était dingue, autant en termes de performances que de condition physique, sans préparation, sourit Stéphane. Mais finalement, je l’aime toujours autant, ce très grand monsieur du sport automobile ! Il ne devrait toutefois pas y avoir de suite en proto, mais sait-on jamais ? Par contre, j’espère que je roulerai encore en GT chez AF Corse. Pourquoi pas dès 2025 ? La Ferrari 296 GT3 est une auto fantastique, et avoir à nouveau côtoyé ce team cette semaine m’a rappelé à quel point je m'y sens bien..." (Patrick Six & Vincent Franssen)