Comme vous l'avez certainement compris, la Formule 1 n'est pas le souci premier de Speed Action. Tout simplement parce que d'autres font ça beaucoup mieux que nous, en y jetant toute leur énergie et leurs moyens. Il n'empêche, la news de ce mardi en fin de journée n'est pas passée inaperçue. Mais à notre niveau. Après une première partie de saison qu'il convient de qualifier de mitigée, Nyck de Vries a été remercié séance tenante par Alpha Tauri, traduisez Red Bull, et remplacé illico par Daniel Ricciardo.
Sur le fond, le tour de passe-passe se sentait à des kilomètres à la ronde. L'an dernier, à Monza, de Vries avait épaté la galerie, et Red Bull avait jeté son dévolu sur le Batave. Qui n'a guère confirmé par la suite, pendant que Yuki Tsunoda se faisait remarquer dès que l'occasion se présentait. Quant à Ricciardo, récupéré par Red Bull après la mésaventure McLaren, il attendait sagement son heure, étant mis à l'honneur aussi souvent que possible par le taureau ailé.
Une fois encore, derrière cette manoeuvre en plein milieu de saison, avant même la traditionnelle trêve estivale qui permet généralement de laver son linge à l'abri des regards, on retrouve le Dr Helmut Marko. Celui qui se charge du sale job. Si nous respectons et admirons la carrière de pilote de ce Monsieur, son rôle de gestionnaire des pilotes Red Bull laisse moins place à l'euphorie. C'est qu'il en a brisées, des ailes, le Helmut. Christian Klien, Sébastien Bourdais, Daniil Kvyat, Pierre Gasly, certains s'en sont remis, à l'image des deux Français, mais d'autres ont sombré. Et on ne vous parle pas des innombrables jeunes loups intégrés au clan Red Bull Junior, qui se sont retrouvés du jour au lendemain sans plus rien...
Si Red Bull fait la pluie et le beau temps en sport auto, son système n'a jamais fait l'unanimité. Comment Nyck de Vries va-t-il pouvoir rebondir ? Sans doute ailleurs qu'en F1, à condition qu'il retrouve la confiance que le taureau ailé lui a enlevée. Et comment Daniel Ricciardo va-t-il gérer son retour à temps plein sur les Grands Prix ? Difficile à dire. L'Australien est un des personnages qui fait l'unanimité dans les paddocks, avec son éternel sourire Colgate, mais à la manière de son passage chez McLaren, il devra se contenter d'accrocher l'un ou l'autre point dès que l'occasion se présente.
Bref, une histoire presque banale sur une planète F1, qui fait désormais son cinéma lors des Grands Prix, et un pilote supplémentaire qui doit entrer dans une phase de reconstruction, après avoir subi une gentille déstruction morale... (Vincent Franssen)