Le combat a été royal jusqu'au bout ! Avec deux voitures, les nouvelles TR010 Hybrid, face à une BMW M Hybrid V8 alignée par WRT et une Cadillac V-Series.R sous les couleurs de Hertz Team Jota, l'issue des 24 Heures du Mans semblait devoir pencher en faveur du clan nippon. Remarquable d'efficacité depuis le début de course, Toyota a eu le dernier mot, la #7 de Mike Conway, Kamui Kobayashi et Nyck de Vries conservant 10 petites secondes de bon sur la BMW #20 de Robin Frijns, René Rast et Sheldon van der Linde au passage du drapeau à damier. Avec la #8 de Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa en troisième position, le premier constructeur mondial a parachevé le travail, signant sa 6e victoire dans la Sarthe, dans la foulée de l'impressionnante série entre 2018 et 2022.
Dans cette lutte ayant plus que jamais pris l'allure d'un sprint étalé sur deux tours d'horloge, Toyota, déjà vainqueur à Imola, a confirmé que les 24 Heures du Mans ne se jouent pas le jeudi, mais bien le samedi et le dimanche. Quant à BMW M Team WRT, s'il a loupé la victoire finale, il est des premiers accessits qui font office d'immense encouragement à poursuivre l'effort. Les hommes d'Andreas Roos et Vincent Vosse auraient sans doute pu faire encore mieux si la #15 n'avait pas rencontré autant de soucis, mais face à la maestria d'une équipe Toyota qui n'a pas commis la moindre erreur, il convient de parler de 'petite victoire'...
Au bout du compte, les grands perdants se nomment Cadillac et Ferrari, la marque américaine, qui disposait de trois maîtres atouts au moment du départ, et qui a sans doute perdu gros au cap de la mi-course quand la #38 a renoncé. La #12 de Delétraz-Stevens-Nato a conclu l'épreuve au pied du podium, soit la pire des positions. Défaite aussi pour Ferrari, dont la série de victoires des 499P a connu un arrêt net, les italiennes n'ayant jamais été en mesure de revendiquer un top 3. La #51 de Pier Guidi-Calado-Giovinazzi a conclu le top 5, tandis que les vainqueurs de 2025, la #83 de Kubica-Ye-Hanson, ont dû se contenter de la 7e place.
Pour sa dernière participation aux 24 Heures du Mans, Alpine a pris la 6e place avec l'A424 #35 de Da Costa-Milesi-Habsburg, sans avoir néanmoins été en mesure de suivre le rythme des leaders.
Aston Martin peut considérer le 8e rang de la Valkyrie #007 de Tincknell-Gamble-Gunn comme un formidable encouragement, tandis que Peugeot, avec les 11e et 12e places, est totalement passé à côté de son sujet, et que Genesis, avec une 13e place, se rend compte du chemin qui reste à parcourir...
Inter Europol Competition a signé un impressionnant doublé en LMP2, le team polonais faisant parler son immense expérience, la #43 de Smiechoswki, Dillmann et Yelloly l'emportant devant la voiture soeur #343 de Garg-De Gérus-Müller. Il s'agit de la troisième victoire de cette formation. C'est la #29 Forstier Racing by Panis de Rousset-Masson-Gray qui a complété le podium, tandis que la #30 Duqueine Team de Pin-Andlauer-Verschoor est tombée au combat en vue de l'arrivée, victime d'un souci de freins.
Corvette a déjoué tous les pronostics en LMGT3, la Z06 LMGT3.R #33 TF Sport de Ben Keating, Jonny Edgar et Nick Catsburg surgissant pour s'imposer devant la Lexus RC F LMGT3 Akkodis ASP de notre compatriote Tom Van Rompuy accompagné par Hadrien David et Jack Hawksworth, tandis qu'Aston Martin doit finalement se contenter de la 3e place avec la Vantage AMR LMGT3 #23 de Newell-Barrichello-Adam. 7e place pour BMW Team WRT avec la M4 LMGT3 #32 de Leung, Gelael et Harper.
Rideau sur une formidable édition des 24 Heures du Mans, qui augure un avenir exceptionnel à la plus grande course du monde, dès l'instant où Ford et McLaren s'ajouteront à la liste des constructeurs impliqués au plus haut niveau l'an prochain... (Vincent Franssen / Photo Toyota Racing WEC & Georges de Coster)