Le championnat de Belgique des courses de côte avait rendez-vous le week-end dernier sur les bords de l'Ourthe pour l'une des manches les plus attendues de la saison, celle de La Roche-en-Ardenne, développant quelque 5,5 km, soit la plus longue course de côte du pays. Une manifestation qui a échappé aux nombreuses annulations survenues ce week-end suite à la canicule, moyennant un timing adapté (avancé d'une heure et raccourci dans son déroulement, un seul essai mais les trois manches officielles) convenu avec les autorités communales.
L'épreuve a aussi bénéficié des... orages survenus dans la nuit de samedi à dimanche provoquant une petite diminution des températures offrant aux concurrents (et au public) des conditions de course plus 'respirables'. Ce qui a permis de beaux échanges entre les protagonistes, notamment pour la victoire au général et en catégorie 2 (véhicules de compétition). Où nos compatriotes Bruno Cazzoli (1er en 2024 et 2e l'an passé) et Jean Schmits (2e en 2024 et 4e l'an passé) avaient à faire face à deux pilotes étrangers d'excellent niveau, le Français Samy Guth (qui découvrait l'épreuve) et l'Allemand Benjamin Noll (3e l'an passé pour sa première participation).
En digne fils de son père Alexander Hin, mais en restant à distance du record de l'épreuve signé par Corentin Starck l'an passé (1.44.60), le jeune Germanique (1er E2SC21) a dominé l'épreuve toute la journée, tirant parti de son excellent proto Osella dans le même temps où le champion de Belgique en titre marquait nettement le pas en rencontrant des soucis mécaniques : "Des ratés moteur dont on ne trouve pas l'origine. Allumage ou injecteurs, on cherche... Je suis aussi en contact avec le préparateur pour modifier des paramètres. J'espère que ça ira mieux pour la dernière montée !"... Et miracle, Bruno Cazzoli améliorait suffisamment son chrono pour chiper la deuxième place finale à Samy Guth, satisfait de son apprentissage tandis que Jean Schmits, longtemps 3e, terminait à nouveau au pied du podium : "Non, non, je ne suis pas déçu. Et ça n'aurait pas été dans mon tempérament de me satisfaire de précéder un adversaire parce qu'il a rencontré des problèmes !"
Les autres candidats aux premières places n'ont pu que se battre pour compléter le top 5, honneur finalement revenu, avec une certaine logique mécanique, à Robert Meiers (Dallara World Series, 1er E2SS18), après avoir résolu lui aussi quelques petits soucis, devant le Français Daniel Allais (Tatuus Master, 1er E2SS17) et Jacques Marchal (Dallara F308-11) tandis que Didier Boemer (Lola B06-30, 1er D14) assurait, un peu plus loin, le lien avec les autres concurrents parmi lesquels Arnaud Leclerc (Radical SR3) s'est imposé en E2SC19 en franchissant pour la première fois la barre des 2.15 (2.14.23) et Jordy Christien (Speads RM06) en E2SS16 en deux montées seulement.
Du côté de la catégorie 1 (voitures de tourisme), la lutte pour la victoire a été intense entre Stéphane Emond, qui reprenait le volant pour la première fois depuis Eschdorf, et le Luxembourgeois Michel Fernandes. Si la magnifique Audi R8 s'imposait (1er PF2 en 2.06.75), la non moins belle Porsche GT3 Cup ne lui concédait finalement que 45/100es de seconde. Un souffle vu la longueur du tracé ! Cela dit, les deux protagonistes sont restés assez loin des 2.04.48 signés l'an passé par Loïc Cordier.
La 3e marche du podium est revenue à un autre 'Grand-Ducal', Charles Valentiny, isolé entre les hommes de tête et le reste du peloton emmené par un excellent Eric Schwilden (1er PF4) dont la Peugeot 205 GTI a devancé la Porsche 996 de Johny Swinkels (1er PF3) mais aussi Sébastien Starck, Eric Lejeune et un Christophe Le Nouvel pas tout à fait à sa place après avoir connu des soucis de roulements sur l'essieu arrière de sa Citroën AX GTi. Signalons aussi les autres victoires de classe de Romain Fontenelle (PF5a), Eric Van Leent (PF5c) et Lucien Sulprizio (PF5b) qui refermait le classement sur sa très jolie Renault Clio 3 Cup.
Enfin, en l'absence d'Homère De Peuter (engagé mais forfait), la catégorie 3 (véhicules historiques) est revenue à Pascal Callens (1er H23) dont la Peugeot 205 Rallye a dominé toute la journée la Citroën AX d'un Bart de Saedeleer philosophe : "Pascal a un meilleur moteur que le mien et on sait qu'à La Roche, il faut de la puissance. Encore faut-il savoir l'utiliser, ce que Pascal a pu faire !" (Fred Zielonka / Photos Sébastien China)