La pluie avait jusque-là épargné le circuit de Zandvoort quand les F1 étaient en piste. Mais elle était bien là juste avant le Grand Prix, détrempant par endroit la piste au moment du départ. Rien d’idéal à l’extinction des feux. Norris (Mclaren) n’était pas gêné pour filer en tête… mais Antonelli (Mercedes), troisième sur la grille, profitait d’une ligne gauche plus sèche pour déborder son équipier Russell. Malgré quelques tentatives sans conséquence dans le premier tour - entre Hamilton (Ferrari) et Verstappen (Red Bull) par exemple, ou encore Piastri (McLaren) et Hamilton et même entre les deux Red Bull de Verstappen et Lawson - les positions n’évoluaient pas dans le premier tour.
Jusqu’au moment où Max Verstappen, le héros de tout le public, perdait le contrôle de sa Red Bull dans le banking de Zandvoort : pour un gros choc à l’extérieur, une traversée de la piste devant plusieurs pilotes et pour finir un dernier contact à droite du tracé pour une monoplace très endommagée. Heureusement sans conséquence pour le Batave. Derrière, Bortoleto (Audi) effectuait un 360° sans conséquence, entrainant une grosse frayeur pour Hulkenberg (Audi) qui s’en sortait par miracle. Après un tel incident et beaucoup de débris en piste, le drapeau rouge était impératif.
Tout le peloton rentrait aux stands, Norris en tête devant Antonelli, Russell, Leclerc (Ferrari), Piastri (McLaren), Hamilton (Ferrari), Lawson (Red Bull), Lindblad (Racing Bulls), les Alpine de Gasly et Colapinto pour ce qui concerne le top 10.
Après les réparations d’usage, la course reprenait une grosse vingtaine de minutes plus tard, avec un nouveau départ arrêté, mais des stratégies pneus modifiées pour certains. Du côté de McLaren par exemple, Norris choisissait des tendres quand Piastri montait des durs. Lindblad, Ocon et Albon changeaient eux aussi leurs gommes.
Après un report du départ, en raison de la casse moteur de Bearman (Haas) dans le tour de mise en grille, les feux s’éteignaient à nouveau. Et cette fois, Norris manquait son envol, offrant le leadership à Antonelli quand derrière Piastri faisait mieux en débordant Russell. Suivaient les deux Ferrari, Leclerc devant Hamilton, Lawson, Gasly, Hulkenberg et Colapinto, rapidement pénalisé par un Drive Through pour n’avoir pas respecté les drapeaux jaunes au moment de l’incident Verstappen.
Rapidement, les deux leaders – Antonelli une petite seconde devant Norris – creusaient l’écart sur le reste du peloton, avec Piastri en troisième position.
Russell était le premier à stopper dans le paquet de tête (19e tour) imité par Piastri. L’Anglais en profitait pour déborder l’Australien. Antonelli, Norris et Leclerc s’arrêtaient au 22e tour, laissant Hamilton en tête de la course pour quelques tours avant de s’arrêter à son tour (26e).
A l’approche de la mi-course, le duo Antonelli / Norris, toujours séparés d’une petite seconde, roulaient loin devant Russell. L’Anglais, esseulé un long moment en troisième position, se voyait néanmoins chassé par les deux Ferrari de Leclerc et Hamilton, qui s’étaient défaites de Piastri.
La course était à nouveau relancée au 41e tour quand Antonelli rentrait à nouveau changer ses gommes, imité par Russell. Leclerc faisait de même au 44e tour. Norris, de son côté, patientait jusqu’au 48e pour s’arrêter une dernière fois et ressortait derrière Hamilton et Antonelli.
Les trois hommes se trouvaient au contact au 53e tour. Et dans le 54e tour, Norris trouvait la faille sur Antonelli par l’extérieur à Tarzan et sur Hamilton quelques virages plus loin pour reprendre le commandement de la course, perdu dès le deuxième départ.
L’abandon d’Ocon (Haas) ralentissait le peloton quelques tours et permettait à Antonelli, les Ferrari et Piastri de s’arrêter une dernière fois. Mais pas Norris et Russell à qui il restait 15 tours à disputer.
Le champion du monde n’en avait cure, lui qui roulait sans plus être inquiété vers sa deuxième victoire en 2026, la douzième de sa carrière, prenant au passage sa revanche sur l’an passé, où il était dans les roues de Piastri quand sa McLaren avait rendu l’âme. Vainqueurs avant la trêve, vainqueurs au retour des vacances, Norris et McLaren sont de retour.
Pour Russell par contre, l’affaire était plus complexe, qui, avec ses pneus usés, ne pouvait maitriser le retour de son équipier italien derrière lui. D’autant que Mercedes lui demandait d’inverser les positions pour maitriser le retour d’Hamilton. Russell pestait mais effectuait la manœuvre.
Un contact entre les deux Williams à deux tours de la fin, avec des débris sur la piste et une courte période de VSC, sauvait malgré tout le Britannique, lui offrant du même coup la dernière marche du podium, de justesse devant Hamilton et Leclerc, revenus dans son échappement.
Derrière Piastri, sixième, Lawson amenait sa Red Bull en septième position, non sans une pénalité en traitement devant Hulkenberg. Encore un peu plus loin, Alonso, au prix d’une course très solide, ramenait son Aston Martin dans les points pour la deuxième fois de la saison, en contenant Gasly derrière lui jusqu’au drapeau à damier.
Le Français avait dû bagarrer pour s’extraire d’un peloton très animé emmené par Tsunoda devant Lindblad et Bortoleto, qui terminaient dans cet ordre, mais hors des points. Colapinto, plusieurs fois pénalisé, Perez (Cadillac) et Sainz (Williams), complétaient le classement de ce dernier Grand Prix des Pays-Bas. A l’inverse, Albon (Williams), Bottas (Cadillac) et Stroll (Aston Martin) étaient contraints à l’abandon.
Même battu par Norris, Kimi Antonelli n’en fait pas moins une bonne opération au championnat. Il arrivera à Monza dans 15 jours avec 59 points d’avance sur Russell et Hamilton à égalité. (René-Jean Labrique / Photos Fred Vautier)