Le départ va être décisif, entendait-on dans tous les commentaires, avant ce Grand Prix de Monaco 2026. Il l’a été. Mais surtout pour Verstappen et sa Red Bull qui restaient collés sur la première ligne à l’extinction de feux. Heureusement, le Néerlandais n’était heurté par aucun autre pilote. Devant, Antonelli (Mercedes) n’en demandait pas tant pour virer en tête au premier virage, malgré la pression des deux Ferrari derrière lui, Hamilton devant Leclerc. Hadjar (Red Bull) roulait en quatrième position devant Russell (Mercedes) et Piastri (McLaren) quand Gasly (Alpine) prenait un bon envol pour s’installer à la septième place, profitant d’une explication serrée entre Piastri et Norris (McLaren) à la sortie de Sainte-Dévote pour déborder l’Anglais. Lawson (Racing Bulls) et Albon (Williams) complétaient le top 10.
La suite du classement affichait Sainz (Williams), Hulkenberg (Audi), Colapinto (Alpine), Perez (Cadillac) - qui sera pénalisé pour un mauvais positionnement sur la grille - Lindblad (Racing Bulls), Ocon (Haas), Alonso (Aston Martin) et Stroll ( Aston Martin). Bottas (Cadillac), Bortoleto (Audi), Bearman (Haas) passaient par les stands pour changer de gommes pour une stratégie décalée. Plusieurs monoplaces de fond de classement les imitaient dans les tours suivants. Dès le deuxième tour, au moment où Verstappen abandonnait aux stands, l’Italien de Mercedes comptait déjà près de trois secondes d’avance sur Hamilton.
L’Anglais était le premier du trio de tête à changer ses gommes au 29e tour en ne perdant qu’une position, face à son équipier… mais en héritant d’une pénalité pour vitesse excessive dans la pitlane. Bloqué derrière Hadjar, Russell l’imitait (31e tour), avec lui aussi une pénalité au passage. Mais la stratégie était payante, malgré l’arrêt du Français au tour suivant. Leclerc stoppait au 36e tour et Antonelli au 37e, juste avant la mi-course.
Au 45e tour, Norris, alors sixième, se voyait contraint à l’abandon pour soucis mécaniques. Nul doute que l’Anglais aurait aimé fêter de meilleure manière le 1000e GP de McLaren.
Loin devant, Antonelli roulait sereinement en tête de la course avec 20 secondes d’avance sur Hamilton, se payant même le luxe de prendre un tour à Russell. La train-train de la course était bousculée au 60e tour quand Stroll plantait son Aston Martin dans le rail à Anthony-Nogues. La Safety-Car était de sortie, regroupait le peloton, et permettait à de nombreux pilotes, à la fois de changer de gommes et d’effectuer leurs pénalités.
Le temps de remettre le peloton en ordre, notamment avec les pilotes à un tour - tous sauf les trois premiers en fait - la course devait être relancée au 66e tour. Mais cela n’était pas le cas, car Leclerc perdait à son tour le contrôle de sa Ferrari, là encore dans le dernier virage. Avant même de reprendre, le Grand Prix était à nouveau neutralisé. Et même complètement arrêtée quand le drapeau rouge était déployé au 68e tour, en raison de la dégradation constatée du revêtement du dernier virage.
Après une longue pause d’une grosse demi-heure, le Grand Prix était relancé pour 10 tours, dont 8 en rythme de course. Avec 16 pilotes en lice. Dans l’ordre Antonelli, Hamilton, Hadjar, Russell, Gasly, Piastri, Lawson, Lindblad, Albon et Sainz. Avec aussi des pénalités ou des enquêtes visant les deux Anglais, Hadjar et Gasly, soit du deuxième au cinquième. Pour ajouter un peu de pression, la direction de course optait pour un départ arrêté, après deux tours de remise en grille derrière la Safety-Car.
Antonelli repartait idéalement devant Hamilton, Russell, et Gasly qui tous les deux, surprenaient Hadjar. Suivaient Piastri, Lawson, Lindblad, Albon et Hulkenberg. Dans l’épingle, le peloton perdait Sainz, parti en tête-queue, poussé par Bortoleto. Russell, qui purgeait rapidement son Drive Through, plongeait dans le classement.
Devant Antonelli et Hamilton filaient vers le podium, quand Gasly roulait en troisième position. Avec 6 secondes d’avance sur la Ferrari, Kimi Antonelli signait sa cinquième victoire consécutive et creusait un écart monumental au championnat (66 points) non plus sur Russell, mais bien sur Hamilton.
Hadjar, sous le coup d’une pénalité, qui devait être étudiée après la course, héritait de la 3e position après les 10 secondes infligées à Gasly. Piastri, Lawson et Lindblad en profitaient également. Gasly, finalement septième, terminait devant Albon, Hulkenberg et Ocon, qui, très résilient, inscrivait le dernier point distribué. Le reste du classement était complété par Perez, Alonso, Bortoleto, Russell et Colapinto, 16e et dernier du Grand Prix. A noter également les abandons de Bottas et Bearman.
Le peloton de F1 n’aura pas beaucoup de temps pour se remettre d’un tel Grand Prix de Monaco, puisque la prochaine course est prévue dès dimanche prochain à Barcelone. (René-Jean Labrique / Photo Fred Vautier)