Antonelli (Mercedes) / Verstappen (Red Bull) en première ligne. Entre le jeune loup et le quadruple champion de monde, toujours aussi bouillant, le premier virage de ce Grand Prix de Miami s’annonçait explosif. Il l’a été ! Les deux hommes réalisaient des départs standards, quand Leclerc (Ferrari), encore bien parti, se hissait à leur hauteur. Au premier freinage, ni Antonelli, ni Verstappen ne voulaient céder et tiraient droit dans le dégagement. Leclerc, prudent mais opportuniste, plongeait à l’intérieur après avoir vu ses deux rivaux le déborder. En voulant rester devant malgré tout, Verstappen accélérait trop fort, effectuait un 360°, semait la panique dans le peloton, et plongeait à la 10e position.
Derrière le duo Leclerc / Antonelli suivaient les McLaren de Norris et Piastri, Russell (Mercedes), Hamilton (Ferrari), Colapinto (Alpine), Lawson (Racing Bulls), Verstappen, Albon (Williams) et Gasly (Alpine)
Antonelli chassait derrière Leclerc pendant 4 tours avant de trouver la faille : juste un court instant puisque la Ferrari reprenait aussitôt son bien. Au même instant ou presque, la course perdait deux Français, Hadjar (Racing Bulls) qui heurtait le rail et surtout Gasly, envoyé en tonneau par Lawson au gros freinage tout au bout du circuit. Au moment où Norris passait Antonelli, la Safety Car s’annonçait sur la piste.
A la relance, au 12e tour, rien ne changeait en tête même si Russell se montrait menacé par Hamilton. Mais rapidement, Norris s’imposait face à Leclerc, qui devait bagarrer avec Antonelli pour conserver sa position.
Il fallait quelques boucles à l’Italien pour déborder l’italienne et partir à la chasse de Norris. La troisième place était l’enjeu d’une belle bagarre entre Leclerc et Piastri, le Monégasque manquant au passage de perdre le contrôle de sa Ferrari.
Les arrêts pneus bousculaient la donne, au moment où quelques gouttes s’annonçaient au-dessus du circuit - sans conséquence. Tous s’arrêtaient, sauf Verstappen, qui avait stoppé en tout début de course, sous Safety Car, pour changer ses gommes abimées. Du même coup, le Néerlandais roulait un instant en tête pendant qu’Antonelli profitait de son pit-stop pour ressortir devant Norris. La victoire avait choisi son camp. Un peu plus loin, Leclerc devançait Russell, Piastri - qui passait l’Anglais peu après - et Hamilton.
La dernière partie de la course voyait Norris chasser Antonelli. Pendant de nombreux tours, l’écart ne dépassait pas la seconde mais doublait à l’amorce des dix dernières boucles. Quinze secondes plus loin, Verstappen se voyait rejoint peu à peu par le duo Leclerc / Piastri. Le Monégasque avait besoin de deux tentatives pour trouver la faille et accrochait un temps la troisième place. Piastri débordait lui aussi Verstappen avant de s’attaquer Leclerc. Le Monégasque cédait dans l’avant-dernier tour et partait même en tête-à-queue en essayant de réattaquer Piastri. Endommagée, la Ferrari ralliait malgré tout l’arrivée en sixième position, non sans avoir du s’incliner face à Russell et Verstappen.
Devant, Kimi Antonelli n’en avait cure et tenait bon jusqu’à l’arrivée, laissant Norris à plus de trois secondes sur la ligne. Piastri complétait le podium, devant Russell, Verstappen, Leclerc, Hamilton, discret pendant cette course, et un excellent Colapinto qui marquait de bons points pour Alpine ; les deux Williams de Sainz et Albon terminent aux 9e et 10e places.
Hors des points, Bearman emmenait le reste du peloton devant Bortoleto (Audi), Ocon (Haas), Lindblad (Racing Bulls), Alonso (Aston Martin), Perez (Cadillac), Stroll (Aston Martin) et Bottas (Cadillac).
Au championnat, avec ce troisième succès consécutif, Antonelli creuse l’écart sur ses poursuivants, à commencer par son équipier George Russell, déjà repoussé à 20 longueurs.
De quoi attendre avec impatience le prochain Grand Prix, à Montréal dans trois semaines. (René-Jean Labrique / Photo Mercedes-AMG Petronas F1 Team)