Samedi après-midi, la première ligne du Grand Prix de Hongrie accueillait Norris (McLaren) et Hamilton (Ferrari) devant Leclerc (Ferrari) et Antonelli (Mercedes). Oui mais voilà, les commissaires sportifs ont sanctionné Hamilton pour avoir gêné Piastri (McLaren), mais aussi Antonelli pour ne pas avoir suffisamment ralenti sous drapeau jaune. D’où une nouvelle première ligne Norris / Leclerc, une deuxième ligne Piastri / Verstappen (Red Bull) et une troisième ligne Hamilton / Russell (Mercedes), avec Antonelli en septième position.
Les deux premiers virages étaient musclés en tête du peloton. Norris partait mieux, mais Piastri bondissait dans son sillage. Pire, l’Anglais freinait un peu tard au virage 2, partait au large, et offrait le leadership à son équipier à la sortie du virage 2. Derrière les Orange, Verstappen surprenait les deux Ferrari - en tendres - à la corde pour virer en troisième position, Hamilton devant Leclerc, très mal parti. Suivaient Antonelli, qui débordait Hadjar (Red Bull) à l’amorce du virage 2, Lawson (Racing Bulls), Lindblad (Racing Bulls) et Hulkenberg (Audi). Quant au malheureux Russell (Mercedes), il était victime de son anti-calage et retombait en 19e position au terme de la première boucle. Dix tours plus tard, rien n’avait changé dans le top 10, mais le spectacle venait de Russell qui taillait sa route dans le peloton pour pointer au 11e rang.
Bloqué derrière Verstappen malgré ses efforts, Hamilton s’arrêtait dès le 13e tour et malgré l’arrêt de la Red Bull au tour suivant, réussissait l’undercut. Pour un court instant seulement, car Verstappen effectuait la manœuvre de la course avec un superbe double dépassement Lawson / Hamilton pour repasser devant.
Les deux McLaren et Leclerc s’arrêtaient à leur tour, laissant le commandement à Antonelli. Au 20e tour, derrière l’Italien, Piastri, Norris, Verstappen et Hamilton, tous en gommes dures, roulaient regroupés en deux secondes. Le leader du championnat du monde s’arrêtait (23e tour), il retombait au 6e rang derrière Leclerc, mais devant Russell.
Pressé par Leclerc, Hamilton effectuait un deuxième arrêt pour monter un deuxième train de pneus durs. Même chose pour Piastri, poussé par Norris juste avant la mi-course, et Leclerc un peu plus tard. L’Australien venait de vivre un moment bouillant face à Sainz (Williams) quand Norris s’arrêtait à son tour (40e). Avec assez d’avance pour ressortir devant l’autre McLaren, troisième sur la piste derrière Verstappen et Antonelli.
Après l’arrêt de la Red Bull et quelques boucles d’observation derrière la Mercedes, Norris trouvait la faille sur Antonelli pour prendre la tête du Grand Prix et filer en tête. L’Italien restait en deuxième position une dizaine de tours avant de rentrer changer une dernière fois de gommes ; il ressortait en sixième position, derrière les deux McLaren, Hamilton, Verstappen et Leclerc.
Le coup de théâtre survenait au 56e tour avec l’abandon de Piastri (boite de vitesses) qui entrainait une courte période de VSC. Norris et les Ferrari s’arrêtaient mais pas Verstappen qui s’installait en deuxième position, devant Antonelli qui, lui aussi sans s’arrêter, débordait Hamilton.
A dix tours de la fin, le top 7 était figé : Norris / Verstappen / Antonelli sur le podium, Hamilton et Leclerc, Hadjar et Russell. C’était sans compter sur une pénalité pour Hamilton en raison d’une vitesse excessive dans les stands, qui le plaçait derrière Leclerc.
Les derniers points étaient l’objet d’une grosse bagarre entre les Racing Bulls de Lawson et Lindblad, qui roulaient dans cet ordre avec Hulkenberg juste derrière. L’Allemand arrachait même la neuvième place à l’Anglais dans les derniers tours. Bortoleto (Audi), onzième, suivait ce trio mais devançait Gasly (Alpine), les Aston Martin de Stroll et Alonso, jamais à pareille fête, Colapinto (Alpine), les deux Haas d’Ocon et Bearman et les Williams, dans l’ordre Albon / Sainz qui fermaient la marche. Les deux Cadillac n’étaient plus de la partie depuis longtemps, victimes de leurs freins.
C’est avec quinze secondes d’avance que Lando Norris bouclait ce Grand Prix de Hongrie en vainqueur, pour le premier succès de McLaren cette saison, sa douzième victoire personnelle, et sa première aussi avec le numéro #1. De quoi partir sereinement en vacances.
Antonelli faisait lui aussi une bonne affaire en terminant devant ses principaux rivaux au championnat. Avec ce nouveau podium, l’Italien compte désormais 50 points d’avance sur Hamilton et 59 sur Russell. (René-Jean Labrique / Photo McLaren)