La guerre au Moyen-Orient ne laissait guère d’options à la FIA et à Liberty Media. L’info est ainsi tombée ce matin, avant le départ du Grand Prix de Chine : les deux courses programmées en avril dans cette région troublée, à savoir ceux de Barheïn et Djeddah, se voient comme prévu annulés.
Autre coup dur, sportif cette fois, pas moins de quatre voitures n’étaient pas sur la grille de départ de ce Grand Prix de Chine pour raisons mécaniques. L’Audi de Bortoleto, la Williams d’Albon et surtout les deux McLaren de Norris et Piastri, sans doute une première pour l’équipe championne du monde. L’Australien n’a pas encore pris le moindre départ cette année.
A l’extinction des feux, les Ferrari partaient mieux, comme d’habitude, avec Hamilton qui prenait le meilleur sur Antonelli (Mercedes). Leclerc tentait lui aussi de s’infiltrer mais l’Italien résistait, avec Russell (Mercedes) relégué en quatrième position. Ce premier tour faisait une première victime, à savoir Hadjar (Red Bull), qui, en bagarre avec Bearman (Haas), partait en tête-à-queue et devait s’arrêter changer ses gommes. Une nouvelle fois, Verstappen (Red Bull) manquait son envol et plongeait dans le classement. Autre incident, le contact entre les deux Cadillac en fin de peloton, qui envoyait Perez en tête-à-queue.
Quatre tours plus tard, les Mercedes avaient retrouvé leurs positions préférées, celles de tête. Grâce à des dépassements imparables, profitant d’un surplus de puissance évident. Antonelli et Russell, séparés par une grosse seconde, trouvaient leur rythme de croisière avec des Ferrari, elles aussi très proches l’une de l’autre, à deux secondes derrière.
Le top 10 était complété par les Alpine de Gasly et Colapinto, Ocon (Haas), les Racing Bulls de Lawson et Lindblad et Verstappen, incapable de déborder les voitures sœurs avec une monoplace difficile à piloter.
Au 9e tour, Lawson et Verstappen s’arrêtaient les premiers, mais c’était la mauvaise pioche, car l’abandon de Stroll (Aston Martin) au même moment (panne de batterie) imposait la sortie de la Safety-Car. Avec un arrêt gratuit ou presque pour les autres pilotes.
Les Mercedes et les Ferrari effectuaient un double arrêt à l’inverse d’Alpine, Racing Bulls et Haas qui laissaient une voiture en piste. D’où un classement bouleversé, avec Antonelli toujours en tête, mais devant Colapinto, Ocon, Russell, Hamilton, Lindblad, Leclerc, Hulkenberg (Audi), Gasly et Bearman (Haas).
La course reprenait au 14e tour avec Hamilton qui surprenait d’abord Russell avant de déborder Ocon dans la ligne droite. Leclerc, lui aussi, débordait la Mercedes.
Deux boucles plus tard, l’Anglais de Ferrari était revenu dans les roues du leader italien, avec Leclerc et Russell un peu plus loin. Les quatre hommes roulaient regroupés en quatre secondes à peine.
A près de vingt secondes de ce quatuor, une énorme bagarre pour la 5e place opposait les deux Alpine aux deux Haas, avec Verstappen en embuscade - Colapinto et Ocon en gommes usées, Bearman, Gasly et Verstappen en pneus neufs.
L’explication en tête s’intensifiait à l’approche de la mi-course. Pas pour Antonelli, détaché devant, mais un peu plus loin, avec une bagarre fratricide entre les Ferrari, roues contre roues pendant plusieurs virages, qui tournait finalement à l’avantage de Leclerc ; de Russell surtout, qui, d’abord en embuscade, puis à l’attaque, trouvait la faille dans le 29e tour. Pendant ce temps, le leader italien avait creusé un bel écart de près de huit secondes.
La lutte pour les points faisait rage derrière, avec Bearman, Verstappen et Gasly qui roulaient dans cet ordre, avec aussi Ocon et Colapinto qui allaient au contact dans l’escargot, avec un double tête-à-queue, alors que l’Argentin sortait des stands.
Cet incident faisait le bonheur d’Hulkenberg, Lawson et Hadjar, qui entraient à ce moment dans les points.
A l’avant de la course, Leclerc commettait une petite faute qui permettait à Hamilton de s’installer à la 3e place, alors qu’Alonso, abandonnait la deuxième Aston Martin (36e tour).
Il restait une vingtaine de tour, et la fin de course se déroulait sans incident notable si ce n’est l’abandon de Verstappen (46e) qui mettait un terme à un week-end calamiteux.
Les deux Mercedes roulaient à leur main, séparées par une dizaine de secondes, quand Hamilton suivait à 26 secondes du leader, avec trois secondes de marge sur Leclerc.
Seule alerte pour l’Italien, un blocage de roues au freinage de l’épingle à trois tours de la fin, qui lui faisait juste perdre une poignée de secondes. Sur la ligne, Russell pointait encore à 5’’5. Ce premier succès en F1 pour Antonelli, pour sa deuxième saison de F1 à tout juste 19 ans (deuxième plus jeune vainqueur après Verstappen), le premier pour un Italien depuis celle de Giancarlo Fisichella, il y a 20 ans, lui permet de revenir au contact (4 points) de son équipier au classement général du championnat du Monde.
Le Grand Prix de Chine permettait aussi à Lewis Hamilton de signer son premier podium pour Ferrari, avec Leclerc à quelques longueurs. Bearman finalement cinquième, contenait jusqu’au bout le retour de Gasly, avec une Alpine beaucoup plus véloce. Suivaient Lawson, Hadjar remonté depuis les profondeurs du peloton, Sainz, qui, à l’usure marque les premiers points de Williams et enfin Colapinto, bel animateur de la course.
Hulkenberg, en délicatesse en fin de course, emmenait la suite du peloton devant Lindblad, auteur d’un tête-à-queue, Bottas, très résilient, Ocon, et Perez.
Avec ce deuxième doublé, les Mercedes pointent évidemment en tête du championnat, même si les Ferrari ne sont pas encore décrochées. De quoi attendre avec impatience le prochain Grand Prix, dans 15 jours à Suzuka (Japon). (René-Jean Labrique / Photo Mercedes-AMG Petronas F1 Team)