Départ raté au Grand Prix du Canada ! Non pas en raison des pilotes mais bien des feux qui restaient allumés au rouge quand Lindblad (Racing Bullls) calait sur la grille. Dans l’incertitude, le peloton était relancé pour un nouveau tour de mise en grille avant de s’arrêter une boucle plus tard sur la ligne droite. Il fallait un tour de formation supplémentaire pour le vrai départ de la course. Et cette fois Norris (McLaren), en gommes intermédaires, bondissait en tête devant Antonelli (Mercedes), Russell (Mercedes), Piastri (McLaren), lui aussi en intermédiaires, Hamilton (Ferrari), Verstappen (Red Bull), Leclerc (Ferrari), Hadjar (Red Bull), Colapinto (Alpine), Lawson (Racing Bulls) et Hulkenberg (Audi), également en intermédiaires. Alonso (Aston Martin), 19e sur la grille pointait rapidement dans le top 10.
Mais le pari était raté pour les McLaren. Piastri rentrait aux stands dès le premier tour pour passer en slicks, Norris au tour suivant. Les monoplaces oranges ressortaient aux 14e et 16e positions.
A l’amorce du 7e tour, Russell prenait la tête dans la ligne droite de retour, mais blotti dans son sillage, Antonelli perdait de l’appui, bloquait ses pneus, frôlait son équipier avant de tirer tout-droit dans l’échappatoire. Quelques tours plus tard, l’Anglais tirait loin à l’épingle. Antonelli en profitait un court instant mais l’Anglais reprenait à nouveau son bien.
Hamilton et Verstappen suivaient à distance les Mercedes, mais échangeaient leur position quand le Néerlandais débordait l’Anglais au freinage du 1er virage. Un peu plus loin dans le peloton, Norris remontait en 9e position, alors que Piastri harponnait Albon (Williams) au freinage de l’épingle.
La bagarre entre les Mercedes s’intensifiait. Au 18e tour, Russell manquait à nouveau son freinage, mais Antonelli ne parvenait pas à en profiter au freinage de la chicane d’arrivée. L’Italien y parvenait un peu plus tard dans la ligne droite. Trois boucles plus tard, le scénario était inversé, et Russell repassait devant. C’était chaud, très chaud même entre les deux Mercedes. Jusqu’au 30e tour, quand la Flèche d’Argent de Russell rendait l’âme, d’un coup ! Une aubaine pour Antonelli qui se retrouvait en tête, loin devant Verstappen, Hamilton et Leclerc, pour ne citer qu’eux.
La VSC était déployée pour évacuer la monoplace de Russell, ce qui permettait à la plupart des pilotes de rentrer aux stands changer leurs gommes. Notamment les Ferrari qui, avec un double arrêt, permettaient à Hadjar de s’intercaler en quatrième position. Face à Leclerc, le Français défendait sa position très férocement pendant plusieurs tours, avant de céder finalement au 40e tour. Au même moment, Norris, remonté à la 9e place, abandonnait en piste, quand Perez (Cadillac) faisait de même, en rentrant aux stands train avant-droit détruit.
La fin de course perdait en intensité. Derrière Antonelli, tranquille, l’intérêt venait d’Hamilton qui se rapprochait de Verstappen. Le Britannique trouvait la faille au 62e tour, par l’extérieur au 1ere virage. En restant dans la zone 'overtake' Verstappen menaçait la Ferrari jusqu’au bout, sans pouvoir repasser devant. Loin du podium - un p'tit jeune qui monte et deux multiples champions du monde -, Leclerc, dernier pilote dans le tour du leader, assurait la quatrième place, débarrassé d’Hadjar, pénalisé de 10 secondes puis d’un Stop & Go. Encore plus loin, Colapinto roulait en sixième position devant Lawson, avec Gasly (Alpine) jusqu’au bout dans son sillage. Sainz (Williams) et Bearman (Haas) empochaient les derniers points distribués.
En fin de course, Piastri débordait les deux Audi d’Hulkenberg et Bortoleto pour rallier l’arrivée en onzième position. Ocon (Haas) suivait à la 14e place devant Stroll (Aston Martin) et Bottas (Cadillac). Six voitures ne voyaient pas l’arrivée.
Avec cette quatrième victoire consécutive, 10 secondes devant Hamilton, Kimi Antonelli prend un bel ascendant sur Russell dans le clan Mercedes. Il arrivera à Monaco, sixième manche de la saison, avec 43 points d’avance, avec les Ferrari de Leclerc et Hamilton un peu plus loin. (René-Jean Labrique / Photo Mercedes-AMG Petronas F1 Team)