Russell en pole et Antonelli seizième ! Rarement les deux Mercedes ont été aussi éloignées sur la grille de départ. En cause un tour parfait pour l’Anglais et une qualif manquée dès la Q1 pour l’Italien. Ce dernier attaquait cependant ce Grand Prix d’Azerbaïdjan, 15e manche du championnat, avec la ferme intention de refaire le coup du Grand Prix d’Italie, où il s’était imposé après s’être élancé en fond de paquet. Même si Bakou n’est pas Monza.
En tout cas, Russell, en mediums, réalisait un envol optimal de la pole position, quand derrière lui Piastri (McLaren) débordait Leclerc (Ferrari), imité un peu plus loin par Norris (Mclaren) qui passait Hadjar (Red Bull). Hamilton (Ferrari), Verstappen (Red Bull), Gasly (Alpine), Colapinto (Alpine) et Lawson (Racing Bulls), complétaient le top 10. Antonelli, lui, réalisait un départ moyen et perdait une position au profit d’Hulkenberg (Audi), bien parti.
Rapidement, les Red Bull remontaient vers l’avant, débordant Norris puis Leclerc pour s’installer derrière le duo Russell, Piastri, Verstappen passant Hadjar. Le Néerlandais faisait la jonction à l’approche du 10e tour, mais déborder la McLaren ne semblait pas facile. Russell par contre, roulait sereinement cinq secondes devant. Dans le peloton, Antonelli remontait peu à peu, débordant Sainz (Williams), Lindblad (Racing Bulls), Ocon (Haas) et Albon (Williams) pour rouler en douzième position.
A la mi-course, rien n’avait changé en tête de la course. Russell, sur son nuage, comptait une petite dizaine secondes d’avance sur le trio Piastri, Verstappen, Hadjar regroupés, avec les deux Ferrari de Leclerc et Hamilton un peu plus loin, devançant Norris et encore plus loin, les deux Alpine de Gasly et Colapinto. Antonelli avait ajouté Lawson, Bearman et Colapinto à son tableau de chasse pour entrer dans les points… mais à 30 secondes de Russell. Hormis le double abandon des Aston Martin pour des raisons mécaniques, le seul événement était l’arrêt de Sainz pour changer ses gommes.
La course s’animait au 30e tour. C’était d’abord Norris qui manquait son freinage au virage 1, passait par l’échappatoire pour perdre deux positions au profit de Gasly et Antonelli. C’était surtout Albon (31e) qui plantait sa Williams au freinage de la chicane.
La Safety-Car était évidemment déployée et tout le monde en profitait pour changer de gommes, en deux vagues, sans modifier le top 10, mais en regroupant le peloton. Russell laissait dix secondes dans l’affaire sur son premier poursuivant, quand Antonelli revenait à une dizaine de secondes de son équipier.
La course était relancée au 36e tour. Pas pour longtemps ! Car si les six premiers repartaient sans histoire, avec Verstappen qui débordait Piastri, c’était le chaos derrière quand Colapinto oubliait de freiner au premier virage, emmenant Gasly et Norris avec lui. Derrière, dans la bousculade, Lindblad envoyait Lawson en tête-à-queue. Ce qui permettait à Antonelli, chanceux de passer au travers, de se positionner à la 7e place, devant Ocon, Bearman et Lindblad.
La Safety-Car revenait en piste pour quelques boucles, avant une deuxième relance, cette fois beaucoup plus calme. Russell et Verstappen, en tendres, filaient en tête, mais derrière Piastri, troisième, manquait à son tour le freinage du 1, passait par l’échappatoire pour retomber en fond de classement. Antonelli, lui, poursuivait sa progression, débordant Hamilton après plusieurs tentatives et se lançait à l’assaut de Leclerc.
En tête de la course, Verstappen mettait la pression sur Russell en restant dans son sillage jusqu’à l’arrivée, profitant à chaque passage de l’aspiration pour revenir à moins de 5 dixièmes de l’Anglais.
A deux tours de l’arrivée, Russell pensait quand même avoir fait le plus dur. C’était sans compter sur Bottas qui plantait sa Cadillac dans le virage 15 à un tour de l'arrivée. Sous drapeau jaune, l'Anglais se montrait plus prudent que Verstappen qui revenait dans le sillage de la Mercedes à l’amorce de la ligne droite. Pas suffisamment cependant, puisque George Russell conservait un dixième sur la ligne pour signer sa neuvième victoire, la troisième en 2026.
Derrière ce duo, Hadjar signait un podium pour son retour, devant Leclerc, juste devant Antonelli et Hamilton. La septième place se jouait à la photo-finish entre Lindblad et Ocon, à la faveur de l’Anglais. Bearman complétait la bonne affaire de Haas en prenant la neuvième place devant Sainz.
Dans un peloton très regroupé, Hulkenberg, Lawson, Bortoleto, Piastri et Perez complétaient le classement de ce Grand Prix d’Azerbaïdjan
Bien remonté dans le peloton, Kimi Antonelli arrivera donc à Sepang, dans une semaine, pour le Grand Prix de Barheïn, avec encore une belle marge de 66 points sur son équipier, avec Hamilton en troisième position. (René-Jean Labrique / Photos Georges de Coster)