C’était la reprise cette nuit sur le circuit de l’Albert Park à Melbourne, avec la première journée du Grand Prix d’Australie 2026. Avec surtout le premier roulage officiel, en week-end de course, des F1 nouvelle génération, plus petites, plus légères, avec des ailerons mobiles à l’avant et à l’arrière, et avant tout des unités de puissance utilisant à parité du thermique et de l’électrique, d’où une utilisation différente des monoplaces.
Deux nouvelles équipes intégraient la grille de départ : Audi dans la continuité de Sauber et Cadillac, onzième écurie du plateau, qui ramène Sergio Perez et Valtteri Bottas sur la grille. Côté pilotes, le seul vrai néophyte de la grille a pour nom Arvid Lindblad, nouveau venu chez Racing Bulls à la place d’Isack Hadjar, promu chez Red Bull, au grand dam de Tsunoda.
Les équipes ont profité de cinq journées de Shakedown à Barcelone puis de deux séances de trois jours de roulage à Barheïn pour découvrir et déverminer ces nouvelles voitures, mais le vrai baptême du feu était au menu de ce matin.
Ferrari frappe le premier
Nico Hulkenberg (Audi) ouvrait officiellement la première séance d’essais libres à Melbourne quand Fernando Alonso (Aston Martin) se retrouvait déjà à l’inactivité, victime de sa monoplace. La première hiérarchie de la saison mettait comme prévu en valeur, Ferrari, Red Bull et Mercedes, avec McLaren légèrement en retrait. Au terme de la première demi-heure, disputée en gommes Mediums, Charles Leclerc amenait ainsi sa Ferrari à la première place (1’21’’227) devant Verstappen (Red Bull), Hadjar, Hamilton (Ferrari), Russell (Mercedes), réunis dans la même seconde, et Piastri (McLaren), sixième un peu plus loin.
Le passage aux gommes tendres souriait à nouveau aux Ferrari, dans l’ordre Leclerc (1’20’’267) / Hamilton, séparés par une demi-seconde, avec les deux Red Bull juste derrière. Quatre pilotes évoluaient à une grosse seconde du leader, dans l’ordre Lindblad, Piastri, Russell et Antonelli (1’’109).
Les Audi complétaient le top 10, dans l’ordre Bortoleto / Hulkenberg, quand la deuxième moitié de la fiche des temps affichait Ocon (Haas), Sainz (Williams), Lawson (Racing Bulls), Bearman (Haas), Albon (Williams), victime d’un ennui mécanique, Colapinto (Alpine), Bottas, Gasly (Alpine), Norris (McLaren), privé d’une demi-heure de séance en raison de sa boite de vitesses, Perez, auteur d’un tête-à-queue, et l’Aston Martin de Stroll, avec trois tours seulement à son actif.
Oscar Piastri à domicile
Un peu plus tard, la deuxième séance d’essais amenait Piastri, en gommes tendres, en haut de la hiérarchie (1’19’’729), avec les Mercedes d’Antonelli et Russell dans son sillage, respectivement à 214 et 320 millièmes. Hamilton suivait à un millième de l’Anglais, devant Leclerc et Verstappen. Derrière ce paquet de tête, Norris, Lindblad et Hadjar roulaient au-delà de la seconde, alors que les Haas d’Ocon et Bearman, à près d’une seconde et demie, emmenaient le reste du peloton.
Hulkenberg, Lawson, Bortoleto roulaient à moins de deux secondes du leader, ce qui n’était pas le cas pour Albon, Gasly, Sainz, Colapinto, réunis dans la seconde suivante, avec Bottas à près de quatre secondes. Alonso et Stroll faisaient cette fois sortir les Aston Martin, mais à près de cinq secondes du meilleur temps, avec des vibrations récurrentes. Perez, quant à lui, ne parvenait pas à signer le moindre chrono.
Comme prévu, cette première journée a mis en évidence les difficultés de certaines écuries à s’adapter aux nouvelles règlementations, Cadillac logiquement, en raison de son statut de débutante, Aston Martin un peu moins, dont la monoplace manque à l’évidence de fiabilité et de rapidité. A l’inverse, les Audi pointent en milieu de tableau. Les pilotes, eux aussi, ont dû s’adapter à ces nouvelles F1, plus agiles, mais aussi plus nerveuses, avec de nombreux blocages des roues avant, où encore des décrochages du train arrière ; d’où quelques séquences tendues pour quelques-uns, notamment Verstappen, Hadjar ou Russell. A noter enfin que les chronos de ce premier jour s’avèrent environ trois secondes moins rapides que ceux signés l’an passé dans l’Albert Park.
Demain, la deuxième journée offrira une dernière séance d’essais libres à tout le peloton (2h30), avant les premières qualifications de cette nouvelle ère de la Formule 1 (6h00). (René-Jean Labrique / Photo McLaren)