A peine commencée, et déjà arrêtée au drapeau rouge. Le FP3 du Grand Prix d’Australie, disputé au coeur de la nuit européenne, a trainé à se mettre en route, la faute à Carlos Sainz qui abandonnait sa Williams, victime d’un ennui mécanique, à l’entrée des stands. A ce moment, seul Lewis Hamilton (Ferrari) avait signé un temps de référence en gommes tendres (1’20’’572). A la reprise, de longues minutes plus tard, Antonelli (Mercedes) et Piastri (McLaren) passaient un moment en tête avant que Leclerc (Ferrari) ne soit le premier à passer sous les 80 secondes (1’19’’827).
Le drapeau rouge ressortait une deuxième fois, à 10 minutes de la fin, non plus sur un incident mécanique, mais sur une grosse sortie de route de Kimi Antonelli qui détruisait sa Mercedes dans l’enchainement suivant le premier virage. Piastri pointait alors en deuxième position, à 337 millièmes, avec Hamilton et Antonelli à moins d’une demi-seconde.
La séance repartait pour quatre minutes, le temps pour George Russell de montrer le réel potentiel de la Mercedes (1’19’’053), laissant les Ferrari d’Hamilton et Leclerc à 6 et 7 dixièmes. Dix pilotes pointaient ensuite à plus d’une seconde dans l’ordre Piastri, Hadjar (Red Bull), Verstappen (Red Bull), Antonelli, Norris (McLaren), Bortoleto (Audi), Bearman (Haas), Lindblad (Racing Bulls), Lawson (Racing Bulls) et Ocon (Haas). Hulkenberg (Audi), Gasly (Alpine), Colapinto (Alpine) et Albon (Williams) suivaient à deux secondes quand Alonso (Aston Martin), Bottas (Cadillac) et Perez (Cadillac) étaient relégués à trois secondes et plus. Outre Sainz, Stroll n’avait pas le moindre chrono, victime de son Aston Martin.
Russell en pole, Verstappen, vingtième
Deux heures plus tard, le premier moment fort était au programme avec les qualifications. Toujours sous forme Q1, Q2 et Q3, avec six éliminés dans les deux premières phases. Et la grosse surprise venait de l’élimination dès la Q1 de Max Verstappen qui perdait le contrôle de sa Red Bull au freinage du premier virage dès sa première tentative. La monoplace traversait tout le dégagement jusqu’à heurter les protections, imposant un drapeau rouge. Le Néerlandais restait sur le carreau et se voyait rejoint dans la charrette quelques minutes plus tard par Stroll et Sainz, sans tour à leur actif, les deux Cadillac de Perez et Bottas, logiquement les plus lentes, à plus de 3 secondes et Alonso (17e), au-delà des deux secondes avec une Aston Martin loin du compte. A l’inverse, Antonelli profitait de ce drapeau rouge pour récupérer une Mercedes en parfait état.
Le meilleur temps de cette Q1 était à l’actif de Russell (1’19’’507) qui devançait Piastri, Hamilton, en gommes Mediums, Norris, Hadjar, Antonelli, Leclerc, Lindblad, Lawson et Bortoleto, tous dans la même seconde que l’Anglais. Au-delà, Ocon, Hulkenberg, Albon, Gasly, Colapinto et Bearman accédaient eux aussi en Q2.
Russell frappait le premier en passant sous la barre de 1’19 (1’18’’934), reléguant Piastri, Antonelli et Hadjar à environ 7 dixièmes. En fin de Q2, l’Anglais restait intouchable, mais Leclerc s’installait au deuxième rang, à 423 millièmes avec Antonelli au 3e rang à 501 millièmes. Piastri, Hadjar, Norris et Hamilton roulaient dans la même seconde que ce trio. Les deux Racing Bulls de Lindblad et Lawson arrachaient leur passage en Q3, tout comme Bortoleto qui amenait Audi dans le top 10.
Malheureusement, le Brésilien ne pouvait participer à cette Q3, victime d’un souci technique sur sa monoplace.Hulkenberg échouait à 82 millièmes de son équipier, mais devançait les Haas de Bearman et Ocon et l’Alpine de Gasly. Albon et Colapinto fermaient la marche à plus de deux secondes.
La Q3 commençait par un court drapeau rouge quand Antonelli perdait un refroidisseur, oublié par son équipe dans un ponton, immédiatement pulvérisé par la McLaren de Norris. George Russell confirmait ensuite sa vélocité (1'19''004), moins rapide cependant qu’en Q2, avec Norris et Hadjar une demi-seconde derrière lui. Antonelli débordait un court instant son équipier (1’18’’811) avant que l’Anglais ne reprenne définitivement son bien (1’18’’518) pour signer sa première pole en Australie, la huitième de sa carrière. Derrière les deux Mercedes, séparées par 293 millièmes, Hadjar arrachait la troisième position, à 785 millièmes, avec Leclerc, Piastri, Norris et Hamilton, juste derrière,réunis en à peine deux dixièmes. Lindblad, Lawson fermaient la marche dans cette Q3.
Demain, à 5 heures du matin, les Mercedes partiront donc favorites du Grand Prix d’Australie. Reste néanmoins à savoir comment les nouvelles monoplaces - et leurs tout nouveaux moteurs - vont se comporter sur la durée d’une course, avec des pilotes regroupés en peloton, qui devront apprendre à gérer au mieux leur énergie… et pour commencer, réussir un bon envol sur la grille de départ. (René-Jean Labrique / Photo Mercedes-AMG Petronas F1 Team)