Avec 142 équipages sur la liste des engagés, l’Ecurie Hesbaye a une nouvelle fois démontré que le Critérium Jean-Louis Dumont fait partie des rendez-vous majeurs de la saison sportive. Le spectacle a été total sur les spéciales de Donceel, Tourinne, Opheers et Oreye disputées à trois reprises, et même certains favoris ont fauté sur le parcours de la région de Waremme…
"Je pense que par les temps qui courent, réunir 142 voitures au départ d’un rallye est un petit exploit, se félicite Jacques Ravet au nom de l’Ecurie Hesbaye. Qualité et quantité se disputaient d’ailleurs la vedette, avec pas moins de neuf Porsche et deux voitures de type R5 au départ. La matinée a été plutôt agitée, avec plusieurs sorties de route qui ont envoyé certains pilotes et copilotes à l’hôpital. Le parcours du Critérium Jean-Louis Dumont reste en fait un vrai challenge, aussi compliqué que celui du Rallye de Hannut. Avec la poussière présente ce dimanche, certains, en pneus slicks, se sont fait surprendre par le manque de grip. Les vitesses atteintes sur ces spéciales sont élevées, et au bout du compte, aller vite dans de telles conditions n’a rien d’évident. Ce n’est d’ailleurs dans doute pas un hasard si plusieurs pilotes de la région ont fait carrière. Chaque région a ses particularités, et les parcours hesbignons sont aussi taillés pour les grands garçons…"
Signalons par ailleurs qu’en dépit de plusieurs neutralisations et interventions des secours suite à des sorties de route, le Critérium Jean-Louis Dumont a tenu son timing, et les derniers équipages sont rentrés à l’heure prévue dimanche en début de soirée.
En signant trois des quatre premiers scratches au volant de sa Porsche 991 GT3, Romain Delhez a d’emblée annoncé la couleur en Division 4. Il sortait néanmoins de la route en début de deuxième boucle, étant contraint à l’abandon ! "Nous avons attendu une trentaine de minutes avant le départ de la spéciale, commente Romain. Quand nous nous sommes élancés, tout était froid. A l’amorce d’une course rapide, la voiture m’a échappé et on a tapé un talus assez violemment. Je m’en sors avec deux petites fractures à des vertèbres, et heureusement, mon copilote Jean-Michel Hubin est indemne…"
Découvrant le pilotage de la Porsche 992 Rally GT EMO Sport, Adrian Fernémont se retrouvait aux commandes du rallye. Dès cet instant, le double champion de Belgique des rallyes allait enquiller la majeure partie des scratches, pour s’imposer au classement général.
"Cette participation au Dumont, elle s’est décidée… cinq jours avant l’épreuve, explique Adrian. J’ai découvert la Porsche lors du Shakedown de vendredi, étant impressionné par la puissance. Par la suite, j’ai surtout été surpris par l’efficacité globale de la voiture, et pouvoir la dompter sur des routes sèches, c’était tout simplement grandiose ! J’ai commis une petite erreur dans l’ES1, mais dès l’ES3, je parvenais à faire jeu égal avec Romain. Sa sortie de route était vraiment dommage, car je perdais un précieux point de repère. Je suis néanmoins satisfait de l’amélioration de mes chronos entre les boucles. La voiture a fonctionné à merveille. Une superbe expérience à rééditer, car pour se sentir à l’aise dans toutes les conditions au volant de cette voiture, il faut faire des kilomètres… Bravo à l’organisation qui a constamment trouvé des solutions après les différentes sorties de route. J’ai apprécié…"
Dans le sillage de Fernémont et Lefevre, la lutte a fait rage entre la Mitsubishi Lancer EvoX de Jari Van Hoof et la Porsche 992 Rally GT de Valentin Brahy. En compagnie de Jérôme Marchand, Brahy prenait progressivement le meilleur sur Van Hoof – lauréat en 4-14 -, assurant un doublé des Porsche. D’autres ‘911’, la 991 GT3 de Christian Guillemin, auteur du dernier scratch, et la 992 de Kenny Herbillon, complétaient un très solide top 5, tandis que Johnny Vanzeebroeck et sa Mitsubishi Lancer EvoX parvenaient à conserver le meilleur sur une autre Porsche 992 Rally GT, celle de Bart Windmolders.
Jean-Michel Dumont faisait honneur à son patronyme à domicile, imposant sa Peugeot 208 Rally4 en classe 4-13, non sans pointer au 9e rang général devant des autos plus puissantes, ainsi que la Lancia Ypsilon HF Rally4 de Lény Cols et Andy Mawet. C’est Gilles Dethiège et Quentin Sondervorst qui s’imposaient en 4-12.
Comme il en a pris l’habitude lors de ses différentes participations, Kevin Humblet (Citroën DS3) s’est d’emblée propulsé aux commandes des Divisions 1 à 3, où les pneus conventionnels sont obligatoires. "Après deux spéciales, je pouvais déjà compter sur un avantage de 25 secondes, commente cet autre régional de l’étape. Avec mon copilote Grégory Libioul, on a dès lors décidé de rouler intelligemment, plutôt que d’attaquer à tout-va. Ce parcours, que je connais bien, reste très compliqué, comme Adrian Fernémont me l’a confirmé lors de nos discussions. Les différentes neutralisations avaient pour conséquence qu’on se lançait dans les spéciales ‘à froid’, ce qui constituait autant de pièges. Avec cette troisième victoire au niveau liégeois, le titre se dessine, mais je ne sais pas encore si je serai au départ d’une autre épreuve cette année. Chaque chose en son temps…"
Lauréat en 3-11, Humblet a devancé les cadors de la 3-10, classe synonyme de lutte à couteaux tirés. Au Dumont, la bataille a fait rage entre les Alan Lemmens (Renault Clio), Corentin Tordeurs (Renault Clio), Mikael Pirnay (Renault Clio), Kevin Robinne (Peugeot 206 RC), Bart Vandevelde (Renault Clio) et consorts. C’est Pirnay et Thonnard qui avaient le dernier mot, devançant de 42 secondes Lemmens-Beckers. Robinne-Boonen suivaient 36 secondes plus loin, prenant de justesse le meilleur sur Denis Willem et Véronique Pirlot (BMW 130i), médaillés d’argent en 3-11.
Enorme bagarre d’un bout à l’autre de l’épreuve en 3-9, Emmanuel Courbois et David Desprez (Citroën Saxo) devançant Jonathan Georges et Julien Libioul (Renault Clio) de 13 secondes ! Même intensité en 3-8, avec 32 secondes au final entre les Peugeot 106 d’Emilien Orban et Noah Bodeux.
Les autres vainqueurs de classes sont Grégory et Marine Maquinay (Citroën, Saxo, 2-5), Yves et Quentin Dupont (Renault Clio, 2-6), ainsi que Philippe Robyns et David Wery (Suzuki Swift, 2-4).
Dans les rangs des anciennes (PH), les retraits ont été nombreux. En Classic, les Ford Escort ont dominé les débats, et entre Michael America et Alain Begon, cela s’est joué… au sprint ! Revenu à 2 secondes d’America au terme de l’avant-dernière spéciale, Begon signait l’ultime scratch… pour une minuscule seconde ! Ce qui signifie que America-Van De Maele s’imposent avec une seconde de bon sur Begon-Figue ! Bernard Léonard et Sébastien Sauvage (BMW E30), lauréats en CL-19, complétaient le podium général pour une poignée de seconde face à Pascal Menten et Patrice Mattart (Ford Escort). Ce sont Francis Listrez et Christelle Smolders qui imposaient la décidément jolie Skoda 130 RS en CL-17.
Davantage de variété en S/R, catégorie qui regroupe les véhicules ne répondant plus à la fiche d’homologation initiale. La Ford Sierra Cosworth de Denis et Didier Jacob l’a emporté devant la Nissan 240 RS de Benny Heymans et Hans De Broyer, tandis que la Porsche 911 de Jurgen Bulen et Maarten Mathijs a complété le top 3, ces équipages étant regroupés en… 47 secondes à peine. Jean-Marc Dechany et Sophie Monnaie ont imposé leur Peugeot 205 en SR-21, précédant de 3 petites secondes les vainqueurs en SR-22, Laurent Detal et Arnaud Delchambre (Ford Escort). (Vincent Franssen / Photos Jérôme Deskeuvre & Sébastien China)