Le championnat des courses de côte de la Fédération Wallonie-Bruxelles a fait halte en bord de Meuse visétoise ce dimanche pour la 42e édition de l’épreuve de Richelle, soit le Mémorial Yves Feilner. Le plateau présenté par l’Ecurie Baudouin Visétoise avait de l’allure, et sportivement, la victoire s’est parfois jouée pour un souffle !
"Les montées d’entraînement ont été perturbées par une sortie de route impressionnante juste avant la troisième épingle, commente Jennifer Frankenne au nom de l’organisation. Le pilote concerné souffrant de fractures au bras, toutes les mesures ont été prises afin que les choses se passent au mieux. L’Ecurie Baudouin Visétoise lui souhaite d’ailleurs un prompt rétablissement. Cet incident nous a empêchés de lancer la troisième montée d’essais, mais par la suite, tout a roulé parfaitement. Sur le coup de 18 heures, les trois montées officielles étaient terminées…"
Sportivement, l’Ecurie Baudouin Visétoise est abonnée aux scénarios à suspense cette saison ! Dans la foulée du Slalom des Cahottes, où la victoire en Division 5, celle des kart-cross, s’était jouée pour un minuscule centième de seconde, la lutte a été d’une incroyable intensité dans les Divisions 1 à 3. Au volant de sa Citroën AX GTi, Christophe Le Nouvel était le seul à descendre sous la barre de la minute (59’’70) lors de la première montée. Avant d’enfoncer le clou en 59’’63 lors de la deuxième montée. Ce qui était néanmoins un peu moins bien que Francis Gilles, dont la Mitsubishi Mirage R5 atteignait le sommet de la côte en 59’’56. Il n’empêche, au classement général reprenant les deux meilleurs chronos, Le Nouvel pouvait voir venir…
"J’ai alors pris la décision de ne pas participer à la troisième montée officielle, commente Le Nouvel. Je voulais préserver la mécanique de l’AX, dès l’instant où il s’agissait de la troisième épreuve consécutive, et qu’il en reste encore deux au calendrier. Mais je savais que Francis Gilles pouvait faire la différence. J’ai donc privilégié la voie de la sagesse…"
En effectuant l’ultime montée officielle en 59’’76, Gilles se retrouvait avec un temps officiel de 1’59’32, contre… 1’59’’33 à Christophe Le Nouvel ! Une fois encore, c’est un centième de seconde qui a fait la différence et décidé du vainqueur ! Magique… Le dernier mot est donc revenu à cette Mitsubishi méconnue, présentée en 2014 par Ralliart Suède suivant la réglementation R5 et qui n’a pas connu le succès escompté sur la scène internationale des rallyes.
Dans le sillage des deux leaders, on n’a pas traîné en route dès l’instant où Olivier Dubois a complété le podium final avec sa redoutable Lotus Elise, concédant moins d’une seconde à Gilles et Le Nouvel ! Il a précédé la Mitsubishi Lancer Evo8 de Julien Heyne et la Ford Fiesta de Patrick Clajot. On trouvait ensuite deux vainqueurs de classe, en l’occurrence Arnaud Delhoune (Volkswagen Golf, 3-12) et Julien Lupardi (Citroën AX, 3-12), incontournables dans le cadre de la compétition FWB. Jacques Blavier (Volkswagen Golf), Colla Schrooten (Citroën Xsara) et Pascal Close (Volkswagen 1303) ont aussi trouvé place dans le top 10 final.
Les autres vainqueurs de catégories sont Sébastien Frehisse (Honda Civic, 2-7), excellent 12e du général, David Wathlet (Honda Civic, 2-6), Julien Morbois (Citroën AX, 2-5), Denis Durieu (Volkswagen Golf, 2-8) et Christian François (Peugeot 208, 1-4). A noter la présence de deux dames, Camille Koch (Citroën C1 Racing Cup) prenant le meilleur sur Christelle Figue (Opel Manta B).
En Division 4, Anthony Milone a poursuivi sur sa lancée au volant de son Silver Car S3 de construction espagnole, décrochant une nouvelle victoire synonyme de titre. "Au niveau pilotage, le Silver Car se rapproche assez fort du kart-cross dont je suis issu, dès l’instant où les pneus slicks et le châssis plus rigide n’empêchent pas de glisser, explique Milone. Ce qui serait peu conseillé avec une monoplace. La mécanique Suzuki GSX-R 1000 respire bien, et j’avoue prendre beaucoup de plaisir avec un tel engin, qui repose sur un châssis tubulaire et une carrosserie en polyester."
Dans le sillage de l’incontestable vainqueur, la lutte a forcément fait rage entre les meilleurs kart-cross, et comme l’an dernier, c’est Joseph Ferro (Peters) qui a eu le dernier mot pour… 13 centièmes de seconde face à Mathias Launois (Panthera) ! Luca Izzi (Stinger) a complété le top 3 de la classe 14, prenant de justesse le meilleur sur Dimitri Démy (Peters), Renaud Gustin (MMS) et Jonathan Ferro (MMS).
Pas moins de… 24 kart-cross étaient au départ de la course de côte Mémorial Yves Feilner, preuve que la formule constitue une excellente façon d’aborder le sport automobile en faisant le plein de sensations. (Vincent Franssen / Photos Esteban Crefcoeur)