Mediums ou tendres ? La question était d’actualité avant le départ de ce Grand Prix de Catalogne. Dans le top 10, sept pilotes étaient en mediums, dont Russell (Mercedes) le poleman, mais trois en tendres, et non des moindres, Hamilton (Ferrari), en première ligne, Verstappen (Red Bull) cinquième et Hulkenberg (Audi) un peu plus loin.
Tout se passait bien à l’extinction des feux : Russell réalisait un bon envol, contenant Hamilton un duo Antonelli (Mercedes) / Norris (McLaren), très agité, avec Verstappen, Piastri (McLaren) et Leclerc (Ferrari) bien parti de la 10e position. Lawson (Racing Bulls), Lindblad (Racing Bulls) et Hulkenberg complétaient le top 10 avec l’Allemand débordant rapidement le Britannique. Hadjar (Red Bull) par contre, manquait son envol et plongeait au classement (13e).
Au 12e tour, rien n’avait changé, si ce n’est Leclerc qui avait passé Piastri pour se rapprocher de Verstappen. C’était le moment choisi par Hamilton pour changer ses gommes et passer des durs (pour le premier de trois arrêts). Même chose pour Russell pourtant en mediums, mais qui souhaitait couvrir la stratégie de Ferrari, ou encore Verstappen. Norris s’arrêtait un tour plus tard, puis Antonelli, Piastri, et enfin Leclerc. Seuls Lindblad et Bearman (Haas) prolongeaient leur premier relais.
Hamilton passait une deuxième fois aux stands dès le 28e tour, pour chausser des mediums, descendait au 7e rang, avant de rapidement déborder Piastri. C'était aussi le moment choisi par Antonelli pour revenir dans les roues de Russell. L'Italien portait une première attaque, sans succès, au 33e tour. Quelques boucles plus tard (36e), Norris stoppait à son tour imposant aux deux Mercedes à rentrer à leur tour.
Avec l’aide de la VSC
Ces arrêts laissaient Hamilton en tête de la course, au coeur d'un troisième relais très impressionnant, alors que Leclerc ralentissait un court instant Russell avant de rentrer à son tour. Hamilton roulait avec 20 secondes d'avance devant le trio Russell, Antonelli, Norris.
L’abandon en piste d’Alonso (Aston Martin) bouleversait définitivement la donne en faveur d'Hamilton. L'Anglais en profitait pour s’arrêter une troisième fois, presque gratuitement et ressortait avec trois secondes d'avance sur ses poursuivants alors qu'il restait 24 tours à couvrir
.
A vingt tours de l’arrivée, l’écart était passé à 5 secondes. 10 tours plus tard, il atteignait 11 secondes. Largement suffisant pour que le Britannique déroule jusqu’au drapeau à damier pour signer sa première victoire en Rouge, la 106e de sa carrière, la première depuis la Belgique 2024 avec Mercedes - et encore c’était sur tapis vert -, et la septième à Barcelone, après 386 départs en F1. La première aussi pour Ferrari depuis le Mexique 2024 avec Carlos Sainz. Tout en se rapprochant à se rapprochant à 41 points d’Antonelli.
La course allait cependant connaitre deux tournants supplémentaires. Le premier au 61e tour, quand Antonelli revenait à l’attaque sur Russell, en délicatesse avec ses gommes. Et cette fois, l’Italien parvenait à ses fins… à 4 tours de la fin, avant d’abandonner, victime de sa mécanique. Et au même moment, Leclerc perdait sa direction assistée, effectuait un tour au ralenti avant de venir abandonner aux stands.
De quoi ramener la VSC en piste pour quelques boucles, mais pas la dernière qu’Hamilton bouclait avec près de 20 secondes d’avance sur Russell, avec Norris un peu plus loin qui complétait un podium entièrement britannique, le premier depuis... 1968.
Beaucoup plus loin, Verstappen amenait sa Red Bull à la cinquième place devant Piastri, Hadjar, bien remonté dans le peloton, les deux Alpine de Gasly et Colapinto et les deux Racing Bulls de Lawson et Lindblad. Bortoleto, onzième était le premier hors des points et précédait Sainz, Ocon et Perez. Hormis ceux d’Antonelli et Leclerc et Alonso, à noter également ceux de Stroll (Aston-Martin), Bottas (Cadillac), Hulkenberg, et Bearman (Haas).
La prochaine manche du championnat se déroulera dans deux semaines en Autriche, sur le Red Bull Ring. (René-Jean Labrique / Photo Scuderia Ferrari HP)