Pas de doute, l'ES2 Chevetogne 1 du Rallye des Ardennes 2026 a fait causer... et continue de le faire ! Lancée alors que les conditions météorologiques étaient compliquées, la neige s'abattant sur la région, elle a entrainé différents problèmes, avec la sortie de route, à faible allure et en ligne droite, de la Skoda Fabia RS Rally2 de Cédric Cherain, mais aussi un poteau électrique couché après avoir été pecuté par une voiture - de quoi entraîner une coupure électrique pour tout un village - et une maison endommagée par un autre bolide en perdition.
Dans la foulée de son abandon, Cédric Cherain avait réagi, estimant que les conditions de sécurité n'étaient pas réunies et que donner le départ d'une spéciale dans de telles circonstances, et avec l'équipement pneumatique utilisé en BRC, n'était tout simplement pas sérieux et revenait à jouer avec le feu. De nombreuses réactions avaient d'ailleurs fleuri sur la page Facebook de Speed Action, d'aucuns estimant que le rallye, c'est justement l'art de doser son effort quand les conditions deviennent compliquées. Le champion de Belgique 2024 en avait pris pour son grade... mais il s'en remettra, n'ayant plus rien à prouver sur nos spéciales.
Par contre, la décision de Frédéric Deville, bourgmestre de Ciney, rendue publique lors du conseil communal de lundi soir, va clairement dans le sens des propos de Cherain. Il a en effet décidé que désormais, il n'autorisera plus qu'un départ de spéciale soit donné dans de telles conditions. C'est évidemment l'épisode - très long - du poteau électrique et l'incident avec la maison qui ont entainé cette décision. Il n'est donc pas question d'interdire la tenue d'une spéciale comme Chevetogne, qui fait partie de l'histoire du Rallye des Ardennes, mais bien d'empêcher que l'épreuve se poursuive normalement en cas de conditions météorologiques exceptionnelles.
D'aucuns ne manqueront sans doute pas de se servir de cette décision du mayeur de Ciney pour donner un avis, pertinent ou non, via les réseaux sociaux. On ne peut pas les en empêcher. Par contre, un petit rappel s'impose. En 2026, chaque organisateur a plus que jamais besoin du soutien des communes pour mettre sur pied des épreuves relevant du sport auto. Ce qui signifie que jouer avec le feu - traduisez donner le départ d'une spéciale quand les conditions sont ciritiques - n'est pas en phase avec la réalité de la société dans laquelle on vit.
Reste maintenant aux directeurs de course de chaque épreuve à peser le pour et le contre avant de lâcher des bolides en spéciale. Contribuer à écrire l'histoire du rallye, c'est louable, mais peut-être pas à n'importe quel prix. L'exemple de Chevetogne est là pour le rappeler... (Vincent Franssen / Photo Michael Deculenaire)