Samedi dernier, la finale de la 100 Series by BGDC 2026, les Franco 200, a de nouveau permis à la redoutable Vauxhall Astra Coupé #777 de Guy Katsers, Philippe Ménage et François Jeukenne de s'imposer en Division 1 et en Classe B. Une énième victoire synonyme de nouveau titre national. Cette épreuve avait aussi pour particularité d'être la dernière pour un pilote aussi apprécié que talentueux et expérimenté : Philippe Ménage. Samedi en fin de journée, le Liégeois devenu Visétois à la fin des années '90 a donc raccroché le casque de façon définitive.
"J'arrive doucement à la fin des soixante, puisque j'ai soixante... dix-huit ans, sourit Philippe Ménage. Le sport auto, je le pratique depuis mes 25 ans, il y a donc plus d'un demi-siècle. Au début, c'était avec mon Opel Ascona A personnelle, lors de courses de côte ou de slaloms. J'avais soudé le pont et modifié un tas de choses sur la voiture, comme on peut le faire quand on est jeune..."
Au cours de sa longue carrière sur circuit, Philippe Ménage a décroché pas moins de neuf titres nationaux. Une série entamée en 1981 avec une Volkswagen Golf, pour se poursuivre en 1986 (Golf), 1992 (Opel Astra), puis 2016, 2018, 2019, 2020/2021, 2025 et 2026, avec l'incontournable Astra Coupé de Guy Katsers.
"J'avoue ne pas savoir combien de courses j'ai disputées dans ma carrière, poursuit Philippe. Je me souviens malgré tout qu'un jour, sur le grand Francorchamps, je pilotais une Opel Commodore. Sur la grille de départ, j'étais derrière Henri Pescarolo mais devant Derek Bell, qui étaient en BMW ! Je suis parti 11e, et aux Combes, je pointais en 5e position ! Et puis, il y a eu l'aventure du championnat d'Europe des voitures de tourisme, avec le titre en catégorie 1600cc au volant de la Volkswagen Scirocco RAS Sport en compagnie de Pierre-Alain Thibaut."
Parmi les épreuves qui ont occupé une place à part dans le parcours de Philippe Ménage, il y a les 24 Heures de Francorchamps. Qu'il a terminées 5e du classement général au volant d'une Toyota Supra en 1988 et 6e dans la foulée, avec une BMW M3 Groupe N engagée par Patrick Nève. On se rappelle aussi du Liégeois en Chrysler Neon CS, défi aussi amusant que folklorique initié par l'ami José Close, ainsi que la Lotus Elise au moment du passage au Grand Tourisme, avec le même José Close, Lino Pecoraro et Sylvie Delcour.
Après avoir lancé le Centre de Maîtrise du Volant à Hermalle-sous-Argenteau en 1997, non sans contribuer au développement des nouvelles Aston Martin sur le Nürburgring, Ménage avait mis sa 'carrière' de pilote entre parenthèses. "Je n'avais tout simplement plus le temps, dès l'instant où le Centre de Maîtrise tournait sept jour sur sept. C'est François Jeukenne qui m'a incité à ressortir casque et combi, avant que Guy Katsers me demande de l'accompagner en BGDC avec l'Astra Coupé. J'ai replongé, car comme pour les courses historiques que j'ai disputées avec José Close, Claude Corthals et d'autres, j'ai directement apprécié l'ambiance du BGDC. Le respect entre pilotes et celui du matériel sont réels, et cet aspect 'gentlemen drivers' m'allait comme un gant... Je n'ai en effet jamais été du genre à me battre derrière un stand après une course..."
Il n'empêche, cette fois, c'est la bonne ! On ne reverra plus Philippe Ménage au volant d'une auto de course au cours des prochaines années. "Outre l'âge qui est là, il y a aussi mon petit-fils de 5 ans, Andrea, auquel je suis fort attaché. Je lui prenais chaque années six week-ends par an pour rouler en BGDC, et j'ai décidé de désormais lui donner la priorité. La compétition, c'est donc terminé. Je voudrais en profiter pour rendre hommage à mon épouse Isabelle, qui a été la meilleure partenaire dans toutes mes activités, mais aussi dans la vie ! La course automobile m'a permis de rencontrer des gens charmants, auxquels je me suis rapidement lié d'amitié. A commencer par José et Claude..."
Depuis toujours, Philippe Ménage fait partie de ces 'forces tranquilles' du sport auto, de ces pilotes à l'énorme expérience qui pourraient la ramener mais qui ne l'ont jamais fait. Ce qu'on retiendra du personnage, et de son épouse jamais bien loin, c'est une gentillesse de tous les instants. Croiser Philippe a toujours été synonyme de petits moments agréables. Depuis des décennies, il fait partie des précieux repères de la vie du journaliste en sport automobile qui écrit ces lignes.
Cher Philippe, que cette fin de parcours sportif n'empêche pas de se croiser à nouveau.
A Isabelle, à Géraldine, à Andrea, nous souhaitons de longues années de plaisirs avec celui qui fut un pilote tellement apprécié...
(Vincent Franssen / Photos Archives Philippe Ménage)