Permettre à plus de soixante voitures de collection (toutes d’avant 1969, dernière année des "anciennes" 12 Heures de Huy) de se livrer à une course de 450 kilomètres dans la région de Huy, dans les meilleures conditions de sécurité et de plaisir possible, le challenge était de taille ! Or, quelques éléments permettaient de déjà déceler les ingrédients du succès avant même le début de l’épreuve.
Tout d’abord le public, présent dès les premières lueurs du jour (mais aussi la veille, à l’occasion des divers contrôles) pour admirer la préparation des voitures et le conditionnement des pilotes ; ensuite la qualité du plateau. Eclectique par la variété des modèles présents, mais aussi et surtout en raison de l’état exceptionnel des autos, tant esthétique que mécanique. Des Porsche et des BMW, certes, mais aussi de sublimes Alfa Giulietta, une horde d’anglaises mais aussi des monuments du rallye, comme la R8 Gordini ou des curiosités surprenantes à l’instar des Saab 96 et Sonett III faisant honneur à l’un des sponsors officiels. Enfin, après une matinée brumeuse, le soleil a ravi les preneurs d’images, massés aux abords du tracé, en particulier dans les zones à spectacle, telle la spéciale des poudreries de Clermont.
Mais loin de la simple représentation historique, les participants à ce rallye de régularité entendaient tout faire pour inscrire leur nom au palmarès et perpétuer l’esprit de la course. Car il est question de sport ! Seul à bord (pour la catégorie Revival), le pilote vit des sensations proches de l’endurance pure. Il pare aux imprévus mécaniques, assure la navigation tout en tentant de tenir la moyenne de 50 km/h, et sans oublier le passage aux contrôles, qui se déroule dans les cafés, comme à l’époque !
Giulietta Sprint
Un rythme soutenu a animé la course durant les trois boucles de 150 kilomètres. Le dénouement final s’est joué à très peu d’écart. Ex-aequo avec 38,5 points, les Porsche 356 et 911 de, respectivement, Mondron et Baillard occupent les troisième et quatrième places. Il faut néanmoins préciser que la 356 de Mondron a bénéficié d’un coefficient plus avantageux que celui de la 911, car plus ancienne. Devant, sur la deuxième marche, la surprenante Volvo PV 544 de Noelanders creuse l’écart avec 32,4 points. Mais la victoire finale revient brillamment à la superbe Alfa Romeo Giulietta Sprint #6 de Filip De Munck, totalisant 30,4 points.
Les organisateurs peuvent souffler : la renaissance des 12 Heures de Huy respecte l’esprit et le code sportif de l’époque, à la grande satisfaction des participants. L’organisation, le parcours et le cadre furent des éléments importants, mais la présence massive du public et l’engouement des participants confortent tous les passionnés impliqués dans la renaissance des 12 Heures de Huy. De toute évidence, le rendez-vous est pris pour l’édition 2011 ! (Com & Vincent Franssen)